Rechercher
  • Anne-Sophie Ketterer

Entrons en Résilience ! Acte 1

Mis à jour : mars 26


En Janvier, Julie Simoës et moi lancions le projet ÎLOTS (Initiatives LOcales de Transitions et de Solidarités). Ce projet a pour objectif de mettre en lien les acteurs du changement sur notre territoire afin de démontrer qu’il existe des solutions et de mettre en récit la transition écologique et sociale dans l’idée de créer une culture partagée avec nos élus, les entreprises du territoire et les citoyens sur ces sujets.


Nous avons donc décidé de créer des Expéditions en terres de transitions et de solidarités pour découvrir les acteurs et initiatives en Béarn et Bigorre. Une expédition c’est un voyage apprenant, avec une immersion au sein d’une initiative locale et des échanges constructifs pour s’ inspirer, démontrer et imaginer.



Pour notre première Expédition nous avons choisi le thème de la résilience alimentaire car cela nous a paru évident de commencer par l’alimentation, un de nos besoins primaires ! Et quel sujet passionnant ! Non seulement nous avons découvert une multitude d’acteurs, de projets, mais nous avons vu également l’engouement suscité par la question de l’agriculture et de l’alimentation.

Notre première expédition a donc rassemblé une trentaine de participants aux profils variés : institutionnels, collectivités, associations, étudiants, porteurs de projets, etc.. qui ont pu découvrir ce que signifie la résilience alimentaire et quelles sont les voies concrètes d’action.



La rési quoi ?

Transition, résilience, en ce moment nous avons tendance à multiplier le jargon, dévoyer des expressions, utiliser à tort et à travers des mots scientifiques.. Essayons de poser les choses et de définir la résilience alimentaire.

Tout d’abord, le mot résilience porte une définition mécanique dans le Larousse : Caractéristique mécanique définissant la résistance aux chocs d'un matériau. C’est aussi l’aptitude d'un individu à se construire et à vivre de manière satisfaisante en dépit de circonstances traumatiques. Ou encore, d’un point de vue écologique, c’est la capacité d'un écosystème, d'un biotope ou d'un groupe d'individus (population, espèce) à se rétablir après une perturbation extérieure (incendie, tempête, défrichement, etc.).



La résilience alimentaire est donc une notion qui désigne la capacité de notre système alimentaire à s’adapter à des crises, des changements brutaux tels que des sécheresses mais aussi des crises économiques ou sociales. Quand nous pensons à notre système alimentaire, nous pensons en premier à l’agriculture. C’est un des éléments essentiels du système, mais il ne faut pas oublier, le transport des aliments des fermes vers les usines de transformation puis vers les consommateurs, ni les besoins en engrais, produits de synthèse pour notre agriculture. Ainsi, une grève des transporteurs, une pénurie en pétrole pourraient affecter notre système alimentaire tout autant qu’une sécheresse qui détruirait les récoltes.

Nous avons donc affaire à un système très complexe ! Et aujourd’hui fragile !


Image : Les Greniers d'Abondance


Un système alimentaire complexe et menacé

Les menaces qui pèsent sur notre alimentation sont variées. Elles entraînent des dégradations qui peuvent être profondes, c'est-à-dire liées à un processus lent et progressif ou qui peuvent être exceptionnelles avec des crises. Une des menaces les plus connues est le changement climatique qui vient diminuer les rendements de nos productions, créer des tensions et de la concurrence sur les consommations d’eau et des sécheresses qui s’annoncent 10 fois plus fréquentes à l’avenir.

On pense très souvent à la perte de biodiversité sauvage avec l’emblématique abeille qui joue un rôle primordial dans la pollinisation des plantes et donc dans la production des fruits de nos cultures.. Mais il y a également une perte en diversité cultivée ! En effet aujourd’hui les ⅔ de la production mondiale de céréales se concentrent sur la production de 9 espèces végétales (Maïs, Blé, Riz, …)

L’érosion des sols et l’artificialisation des surfaces agricoles contribuent à la diminution des terres cultivables.

Notre agriculture et système alimentaire étant fortement dépendant des énergies fossiles pour la production d’engrais et le transport des denrées, l’épuisement des ressources énergétiques et minières ainsi que les instabilités économiques et politiques qui vont avec ne sont pas à prendre à la légère pour notre sécurité alimentaire.


Image : Les Greniers d'Abondance


Ce portrait de la situation actuelle est très bien brossé par l’association Les Greniers d’abondance, qui a pour objectif de mener un travail de recherches sur les voies de la résilience alimentaire, de sensibiliser et d'accompagner des territoires qui souhaitent avancer sur ces sujets. Les greniers d’abondance sont l’auteur d’une publication très complète sur le sujet, à retrouver ICI. Pour notre expédition, nous avons eu la chance de recevoir Philippine De Lattre, bénévole des Greniers d’abondance qui nous a éclairé sur la complexité de notre système alimentaire à travers l’exemple d’un pot de yaourt aux cerises, qui peut avoir l’air anodin mais qui est la démonstration parfaite de cette complexité et vulnérabilité ! Une explication à retrouver dans cette vidéo :


Vidéo Les Greniers d'Abondance


Face à ces constats menaçants, nous avons été rassurés de découvrir des voies de résilience, c'est-à-dire des leviers d’action pour permettre aux territoires de s’adapter plus facilement aux crises et mutations profondes qui arrivent. Pour cela, il nous faut donc travailler à l’échelle ultra locale des fermes, à l’échelle des communes, des régions et également sur le plan national pour permettre à nos systèmes alimentaires d'absorber les chocs, de recouvrer rapidement leur pleine capacité de production et d’évoluer pour être encore plus efficace à la prochaine crise. C’est cela la résilience de nos systèmes alimentaires.


Image : Les Greniers d'Abondance


Un enthousiasme palpable pour l'alimentation !

Voici donc en résumé l’entrée en matière de notre première Expédition ! Comprendre comment notre monde fonctionne, quelles sont ses fragilités, ses failles, de façon factuelle et scientifique nous paraît à Julie et moi un premier acte fort et essentiel avant d’aborder les solutions ! Car si le constat peut faire frémir et inquiéter, il existe tant d’initiatives que nous n’avons pas pu interroger, solliciter, tous les acteurs du territoire ! Pour l’acte 2 de l’Expédition : la table ronde des solutions de la graine à l’assiette, nous plaidons coupable ! Coupables de n’avoir pas pu être exhaustives et donner la parole à tous ! A chaque personne contactée pour un projet, nous obtenions 5 contacts d’autres acteurs du changement…Ces découvertes nous ont procuré de l’espoir et de l’enthousiasme !


Un enthousiasme que nous vous partageons dans ce prochain article qui explore les voies de la résilience !

Pour lire la suite de notre Expédition sur la résilience alimentaire c'est par ICI


76 vues0 commentaire