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  • Anne-Sophie Ketterer

Entrons en résilience ! acte 2 : le tour d'horizon des solutions

Dernière mise à jour : mars 26


Qui dit Expédition dit .. Immersion ! Immersion sur le terrain pour découvrir, sentir, toucher du doigt un environnement différent, une façon de faire différente. Notre objectif initial était d’emmener les participants de l’expédition en immersion à l’Odyssée d’Engrain pour visiter cette coopérative qui œuvre pour la résilience alimentaire dans les Hautes-Pyrénées. Mais voilà, la crise sanitaire nous confine dans nos bureaux et nous avons dû nous résigner à faire une Visio-expédition !


Qu’à cela ne tienne ! Julie Peyou et l’équipe de l’ Odyssée d’Engrain ont préparé une petite vidéo spécialement pour nous ! Une visite de l’atelier de transformation des céréales en pâtes. Entre la semence et les pâtes, les variétés de blés anciens ne parcourent que 50 km ! On explore ainsi deux voies de la résilience alimentaire : la diversité des espèces cultivées et le développement d’outils de stockage et de transformation locaux. A l’origine du projet, il y a en effet la volonté d’un collectif de paysans de retrouver des variétés de céréales adaptées au climat et au territoire. Douze paysans ont alors commencé à multiplier les semences et les tests de blé Poulard d’Auvergne et de petit Épeautre. Ce sont les 2 céréales qui s’avèrent les plus adaptées au piémont pyrénéen. L’atelier de fabrication est né ensuite de la volonté de continuer à maîtriser l’étape suivante de transformation alimentaire.


Visite de l'Odyssée d'Engrain


Et pour la distribution ? Les produits de l'Odyssée d'Engrain sont disponibles en vente directe mais aussi dans les Biocoops de la région. Une chaîne du producteur au distributeur courte c'est le choix de la chaîne de distribution et ce que nous a expliqué Dorian Julien, directeur d'une Biocoop Le grand Pic : Du bio oui, mais si possible local !


Beaucoup d’initiatives de résilience alimentaire ont cela en commun : la volonté de maîtriser la chaîne de valeur, la filière de la semence à l’assiette. Un besoin de se libérer de la dépendance aux grands groupes alimentaires ou aux centrales d’achat, mais aussi une question de pérennité économique de ces projets qui ont besoin de s’assurer de débouchés spécifiques.



La gouvernance de ces initiatives est également un élément essentiel pour la viabilité des projets de résilience alimentaire. Lors de la table ronde des solutions de notre Expédition, Lucie Achard nous a présenté La Ceinture Verte de Pau, une SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif) qui agit avec la ville de Pau pour favoriser l'installation de maraîchers pour nourrir Pau. Un objectif ambitieux quand on sait que pour relocaliser 10% de la consommation de légumes frais autour de la ville, il faudrait créer 200 fermes de maraîchage, soit 200 ha. Les aspirants maraîchers qui ne peuvent pas acheter de terres en raison de la pression foncière se voient proposer une ferme “clé en main” par La Ceinture Verte. Ils deviennent ainsi coopérateurs de la SCIC, tout comme la communauté d’agglomération Pau Béarn Pyrénées qui inscrit ce projet dans son Plan Alimentaire de Territoire et qui est représentée dans la gouvernance de la SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). D’autres acteurs institutionnels et associatifs du monde agricole local sont également partie prenante du projet (Chambre d’agriculture, Lycée Agricole de Montardon, association béarnaise pour le développement de l'emploi agricole (ABDEA), Civam Béarn, S.A.S Graines, coopérative Terra Alter)


Rencontrez Romain, installé à Pau grâce à la Ceinture Verte


Un projet de territoire donc pour la ville de Pau pour répondre à un défi majeur et national : Entre 2000 et 2016, ⅓ des fermes en France ont disparu. Ce phénomène n’est pas nouveau mais il continue et s’accentue. Aujourd’hui, ⅔ des installations se font hors cadre de transmission familiale. Si nous entendons souvent parler dans les médias des néo-ruraux, ces trentenaires qui après une carrière dans une grande entreprise s’installent en tant que paysan pour retrouver du sens et du lien à la terre, ce phénomène ne permet pas d’endiguer la diminution du nombre d’agriculteurs et la perte des fermes qui lorsqu’elles sont vendues sont rachetées par d’autres agriculteurs pour agrandir les surfaces. L’association Terres de Liens s’est saisie de la question du foncier agricole et Gaëlle Dariet, bénévole à l’antenne des Pyrénées Atlantique nous a présenté les leviers d’action qui étaient mobilisés. Terres de Lien achète des terrains agricoles afin de les préserver de l’étalement urbain et permettre à de nouveaux agriculteurs de s’installer. C’est une association qui lie l’information et la formation des paysans qui souhaitent trouver des terres et la mobilisation citoyenne à travers la finance solidaire. En effet, vous pouvez décider de placer de l’argent dans la Foncière de Terres de Liens. Vos économies serviront à racheter des fermes pour les transmettre.


Une aubergine pas comme les autres, Terres de Liens


Avec la Ceinture Verte ou Terres de Liens, c’est l’agriculture bio et nourricière qui est privilégiée. Une façon de promouvoir également un autre levier de la résilience alimentaire : le développement des pratiques agro-écologiques afin de préserver la qualité des sols, la biodiversité et de l’environnement de façon générale.


Ainsi à travers ces 3 exemples de structures nous avons exploré plusieurs voies de résilience que nous retrouvons dans cette infographie des Greniers d’Abondance :

  • Augmenter la population agricole (Terres de Lien & La Ceinture Verte)

  • Préserver les terres agricoles (Terres de Lien & La Ceinture Verte)

  • Diversifier les variétés cultivées et l’autonomie en semence (L’Odyssée d’Engrain)

  • Évoluer vers une agriculture nourricière (Terres de Lien & La Ceinture Verte)

  • Généraliser l’agroécologie (Terres de Lien & La Ceinture Verte)

  • Développer les outils de stockage de transformation en local (L’Odyssée d’Engrain)

  • Simplifier et raccourcir la logistique et l’achat alimentaire (L’Odyssée d’Engrain)

Infographie : Les Greniers d'Abondance


Ce constat est réjouissant car on découvre qu’un projet de résilience alimentaire va avoir un impact sur plusieurs leviers. Cela offre de belles perspectives à des initiatives de territoire cohérentes et complètes ! Et vous n’avez pas tout vu ! Cette première partie de table ronde nous a permis de découvrir des solutions côté champ.. mais il y a aussi d’autres propositions en Béarn et Bigorre côté .. assiette ! Des solutions à découvrir dans l’article suivant !


Découvrez la suite des solutions dans cet article



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